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De lespoir pour les « Arabes des marais »
et pour leur civilisation vieille de 5,000 ans dans les jardins
de lEden.
Le Programme des Nations Unies pour lenvironnment (PNUE)
a lancé aujourdhui un projet de plusieurs millions
de dollars pour la restauration de lenvironnement et
pour permettre laccès à leau potable
aux populations vivant dans les marais de Mésopotamie.
Ce projet, financé par le Gouvernement du Japon, vise
à soutenir un développement durable et la restauration
des marais irakiens par la mise en oeuvre de technologies
respectueuses de lenvironnement. Leau potable
ainsi que des installations sanitaires seront installées
dans les principales communes, et des projets pilotes de restauration
des zones humides seront entrepris, pour le bienfait des personnes
et des espèces sauvages.
Les marais, considérés par certains comme lemplacement
du jardin biblique de lEden, ont été gravement
endommagés vers la fin du 20ème siècle,
en partie à cause des nouveaux barrages sur le Tigre
et lEuphrate, ainsi que par des opérations de
drainage massif durant le précédent régime
irakien.
En 2001, le PNUE a alerté le monde sur cette situation
critique lors de la diffusion dimages satellite révélant
que 90 pour cent des ces légendaires zones humides,
habitat despèces aussi rares et uniques que libis
sacré et le cormoran africain, ainsi quun lieu
de reproduction pour les poissons du Golfe, avaient été
détruites.
Dautres études publiées en 2003 ont démontré
que 3 pour cent supplémentaires, soit 325 km2, avaient
disparu. Les experts craignent que la totalité des
zones humides, habitat dune civilisation vieille de
5,000 ans, héritière des babyloniens et des
sumériens, disparaissent dici à 2008.
Avec la chute du précédent régime mi-2003,
la population locale à ouvert les vannes et les digues
afin dacheminer à nouveau leau dans les
marais.
Des images satellites montrent quau mois davril
2004, à peu près un cinquième des marais,
soit 3,000 km2, de marais avaient été inondés.
Le défi à présent consiste à
restaurer lenvironnement et fournir de leau potable
et des installations sanitaires aux 85,000 habitants.
Un récente évaluation ainsi quun sondage
sur la santé publique entrepris conjointement par plusieurs
agences des Nations Unies ont démontré que la
majorité des « Arabes des marais » utilise
leau des marais.
Plusieurs habitations de la région sont sans installations
sanitaires de base, et leau usée coule dans la
rue ou près dune source, et sont à lorigine
de différentes maladies faisant partie de leur quotidien.
Le projet de 11 millions de dollars, approuvé dans
le cadre du Fonds de développement pour l'Irak des
Nations Unies, ciblera en premier une douzaine dhabitations
pour y installer à petite échelle des systèmes
dépuration de leau , parfois à énergie
solaire.
Des lits de roseaux et dautres écosystèmes
des marais qui servent de filtre à eau naturel seront
restaurés non seulement au profit des habitants mais
aussi pour fournir de nouveaux habitats pour les oiseaux et
autres espèces sauvages.
Parmi les autres activités, la mise en place du Marshland
Information Network (réseau dinformation
des marais), un système Internet qui permettra aux
personnes avec un intérêt pour la région
de partager leurs idées et stratégies.
Des images satellites sur les travaux de restauration démontrant
les effets sur la végétation et les progrès
réalisés dans lirrigation seront disponibles
presque quotidiennement sur le site.
Une partie des fonds soutiendra les campagnes dinformation
du public, locales et internationales.
Le projet permettra aussi de former les autorités
irakiennes, tant nationales que locales. Il formera des experts
dans la gestion et restauration des zones humides, ainsi que
dans loptimisation des ressources.
Plusieurs autres gouvernements et organisations non-gouvernementales
ont entrepris des actions dans les marais irakiens. Le projet
du PNUE vise à renforcer la coordination de ces différentes
activités pour maximiser les bienfaits pour la population
et les espèces sauvages. Cette approche coordonnée
pourrait être utilisée lors de la mise en place
dune stratégie plus large pour les marais dans
la région.
Selon Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE: Les
marais de Mésopotamie constitue le plus large écosystème
de zones humides au Proche et Moyen-Orient . Ils ont une valeur
culturelle. Le PNUE sintéresse de près
à leur sort, fournissant des informations sur leur
destruction et mettant le monde en garde sur leur disparition.
Il a ajouté : Aussi je suis enchanté
que le Gouvernement du Japon ait décidé de soutenir
ce renouveau pour les marais et les « Arabes des marais
». La moitié des zones humides du monde ont disparus
durant ces 100 dernières années. Je suis sûr
que lexpérience acquise à travers ce projet
donnera des indices sur la façon de ressusciter dautres
zones humides disparues ou dégradées ailleurs
dans le monde.
La Division Technologie, Industrie et Economie (DTIE) du
PNUE, dirigée par Monique Barbut, sera en charge du
projet. Cette dernière a déclaré: En
étroite collaboration avec les ministères irakiens
concernés, nous avons lintention de constituer
une équipe de 10 personnes, composée dexperts
locaux et internationaux. Le projet débute aujourdhui
et nous espérons commencer les études sur le
terrain et les projets pilotes pour le traitement des eaux
usées vers la fin de lannée.
Il est impossible de prévoir quel pourcentage
de la surface totale des marais sera récupéré,
a-t-elle expliqué. Le futur des marais irakiens
sera lié au développement éventuel dun
plan global avec une coopération régionale des
pays en amont et en aval du bassin du fleuve Tigre-Euphrate.
La mise en application du projet du PNUE Soutien pour
la gestion environnementale des marais irakiens sera
réalisée par la branche de la DTIE au Japon,
le Centre international déco-technologie (IETC).
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